Ce S.O.S. est le premier et certainement pas le dernier message de détresse lancé par un usager de la nouvelle ligne maudite des transports en commun parisiens.
Aujourd'hui, comme à peu près 1 jour sur 2 depuis 6 mois, mon RER n'est pas passé à l'heure et m'a déposé en retard à destination après m'avoir fait voyager dans des conditions plus ou moins inconfortables.
Soudain l'envie me prend donc de créer un Blog (comme tout le monde me direz-vous !) pour partager mon raz-le-bol (pas très original non plus puisqu'il parait que c'est une spécialité de notre pays !) sous forme de petites chroniques du trajet quotidien.
le 1er jour du reste de la vie de mon Blog :
Mardi 31 Mars 2009.
Le ciel est bleu, les voitures sont blanches et les joues de la grosse dame en face de moi sont rouges.
Rouges d'avoir pressé le pas pour attraper un RER qui passe à un horaire improbable.
Et rouge de colère à peine rentrée en comprenant que son train n'est pas passé en avance mais que c'est le précédent qui passe en retard, signe avant courreur de ce que la RATP nomme par un de ces euphémisme dont elle est friande un "incident sur la ligne".
Après quelques stations, tombe des haut-parleurs de la rame le message redouté mais tellement prévisible qu'il en devient presque inutile : "ce train sera terminus jusqu'à Paris"
Ce message d'apparence anodin est pourtant accueilli chez ma voisine excédée par un énorme soupir d'exaspération qui lui permet à la fois de reprendre un peu son souffle et surtout de manifester à l'attention de l'ensemble des voyageurs, dont elle sait pouvoir compter sur une muette approbation, sa lassitude et son fort mécontentement.
Ce message signifie en effet que la RATP a pensé que le meilleur moyen de compenser le retard de ses trains est de faire monter 3 fois plus de personnes dans les rames en faisant s'arrêter chaque RER dans toutes les gares, ce qui a pour effet quasiment immédiat de faire voyager pour le reste du trajet les 3/4 des usagers écrabouillés les uns sur les autres.
Les autres qui comme moi et ma voisine ulcérée viennent du fin fond de la campagne francilienne voyagent assis, partagés entre le soulagement de ne pas être réduits à l'état de troncs si pressés et la culpabilité de voire les autres naufragés du quotidiens s'écraser contre les vitres et les barres dans un concert de grognements qui fait plus penser à un refuge SPA une veille de départ en vacances qu'à une voiture d'usagers s'étant acquittés d'un titre de transport payant.
Une des choses les plus difficiles à supporter quand vous voyagez dans ces conditions, c'est vos 2 voisines hystériques que la situation a semble-t-il tellement détendues qu'elles rient très fort (sans doute pour montrer que la situation ne les atteint pas ?) et disent tout haut ce que personne n'a envie d'entendre même tout bas, à savoir tout ce qui leur passe par la tête et qui présente à peu près autant d'intérêt que l'avis de Paris Hilton sur la crise financière.
Encore quelques stations et commence l'inévitable, les premières engueulades :
le gros gars sur le quai qui est bien décidé à faire rentrer ses 100 kilos dans les 3 cm2 libres : "avancez dans les couloirs !!"
les 2 idiotes (mère et fille) précitées persuadées qu'elles peuvent tout se permettre en ces circonstances :
"t'as qu'à venir sur mes genoux !!"
la dame écrasé contre la porte :
"mais arrêtez de pousser, y a plus de place, il y un autre train juste derrière !!"
ma grosse voisine :
"ils ont qu'à prendre le bus, ici ils ont plein de moyens de transport autres que le RER, c'est pas comme nous, nous on a pas le choix"
Gentilly, c'est là que je vais essayer de descendre, je laisse ma grosse voisine se lever la première, si elle passe je passerai !
Elle s'extirpe tant bien que mal de la rame maudite non sans lacher un dernier "de toutes façons vous pourrez pas monter si vous me laissez pas descendre !", c'est pas faux, avec la place qu'elle libère on va certainement réussir à entasser encore les 10 personnes qui attendent sur le quai !
C'est finit pour moi, j'arrive avec un quart d'heure de retard, pas si mal comparé à la semaine dernière où j'ai du faire demi-tour pour aller rechercher ma voiture après m'être fait débarquer à 3 stations de chez moi pour cause de "colis suspect".
à suivre ...
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